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Articles tagués ‘réseaux sociaux’

80 000 amis pour faire le tour du monde grâce à Facebook

Frédéric Colas, directeur de la stratégie de Fullsix, et sa femme Estelle Colas, directrice de la marque BETC Euro RCSG Paris, souhaitent réaliser le pari fou de faire le tour du monde… grâce à leurs amis Facebook.

Sur le principe de l’adage suivant « les amis de mes amis sont mes amis », adapté ici aux amis du réseau Facebook, alors nous connaissons forcément tous une personne dans chaque pays, chaque région, chaque ville…

Accompagnés de leur fille Héloïse, ce couple de publicitaire a entrepris de réaliser ce tour du monde grâce à 80 000 amis (en référence à celui en 80 jours de Jules Verne) en tentant chaque nuit d’être hébergés par une nouvelle personne rencontrée via le réseau social.

Un projet qui ne se contente pas d’être de simples vacances touristiques puisque, à terme, celui-ci aboutira sur la construction d’une école pour filles au Cambodge. Pour chacun des 30 000 premiers fans sur leur page Facebook, 1 $ sera versé pour l’édification de cet établissement scolaire par l’association La Voix de l’Enfant. En accueillant la famille Colas au cours de leur voyage, les économies sur les frais pour une nuit d’hôtel (50 $ par nuit) permettront également de financer l’école.

Pour ce projet humanitaire, je vous invite à regarder leur (simple et belle) vidéo de présentation, à liker leur page Facebook et à inviter tous vos amis à en faire autant ! 🙂

 

Je me suis rendu compte qu’un réseau d’amis et d’amis d’amis est une vraie mine d’or de contacts et de rencontres possibles pour nous aider à vivre nos rêves. Les réseaux sociaux tels Facebook mettent cet or à portée de main dans la vie réelle, pour peu que vous ayez la passion, un projet aspirationnel et une bonne réputation.

Frédéric Colas

Voir également cette présentation pour plus d’informations sur la préparation et les motivations de leur projet.

Vu sur De la pub mais pas que
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Suicide collectif 2.0 pour les stars américaines

« Alicia Keys is dead. She sacrificed her digital life to help save millions of real ones affected by HIV/AIDS in Africa and India. Watch her last Tweet & Testament http://bit.ly/a1wqi6 then help buy her life back. »

Pour la journée mondiale de lutte contre le sida (chaque 1er décembre), plusieurs stars américaines ont suivi l’initiative lancée par Alicia Keys, ambassadrice de Keep a Child Alive (association caritative venant en aide aux familles touchées par le virus du sida) : une mort virtuelle sur les réseaux sociaux.

Justin Timberlake, Lady Gaga, Kim Kardashian, Elijah Wood, Katie Holmes, Serena Williams, Usher, Jennifer Hudson, etc. réapparaitront sur les réseaux sociaux (pages Facebook ou comptes Twitter) à la condition que les dons récoltés atteignent 1 million de dollars.

 

Chaque star a ainsi mis sa propre mort en scène avec une photo de profil les représentant dans un cercueil. Un lien vers un « testament numérique » de chaque star dirige les internautes vers le site Buy Life pour faire un don en ligne. Autre possibilité pour « sauver » ces stars : « acheter » leur vie en envoyant un SMS avec leur prénom (ex. : ALICIA) au 90999 pour un don de 10 $.

Très belle initiative. On regrette presque que quelques stars françaises n’aient pas joué le jeu.

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Pour envoyer vos dons à la fondation française Aides, cliquez sur ce lien : http://www.aides.org/

 

édit 8/12/2010

Après 5 jours de silence sur les réseaux sociaux, les stars américaines participant à l’opération Buy Life ont ressuscité de leurs morts digitales. Les dons pour l’association Keep a child alive ont en effet atteint, lundi 6 décembre, un peu plus d’un million de dollars. Alicia Keys et les autres sont donc de nouveau présents sur leur compte Twitter et Facebook !

Vu sur Webmarketing & com / Kesako / Best Buzz

Etude sur les réseaux sociaux

Une nouvelle étude de l’Observatoire des réseaux sociaux de l’IFOP vient d’être publiée à partir d’un échantillon représentatif  de la population internaute française.

 

Pour l’année 2010, le classement des réseaux sociaux selon leur notoriété laisse Facebook sur la première marche du podium (94 % des internautes interrogés en ont déjà entendu parler) suivi de YouTube et Copains d’avant, respectivement à la 2e et 3e place. Meetic (86 %) et Windows Live (85 %) talonne le trio de tête.

Le réseau Twitter enregistre une belle progression de score de notoriété. Connu de 2 % en 2007 puis de 63 % des internautes français à l’automne 2009, le site de micro-blogging culmine maintenant à 80 %, devançant Dailymotion et My Space.

Concernant le classement par l’appartenance aux réseaux sociaux en ligne, Windows Live est en tête avec 52 % des internautes interrogés qui utilisent celui-ci. En 2e et 3e place, on trouve Copains d’avant et Facebook.

A noter que ces 3 plates-formes confirment pleinement leur statut de réseaux sociaux généralistes. Ils occupent tous trois les premières places du classement auprès de l’ensemble des sous-catégories de population interrogées, qu’il s’agisse par exemple des femmes, des étudiants, des retraités, des cadres ou des ouvriers.

Près d’un internaute sur trois déclare également être membre de quatre réseaux sociaux ou plus.

L’enquête se penche également sur le réseau Twitter car si la notoriété du service progresse très rapidement, elle n’entraine pourtant pas de nouveaux membres en nombre important. Toutefois, l’appartenance à un ou plusieurs réseaux sociaux favorise l’adoption de Twitter. A titre d’exemple, 15 % des utilisateurs de Facebook déclarent posséder un compte Twitter, soit deux fois plus que la moyenne observée à l’échelle de l’ensemble des internautes. Les utilisateurs de YouTube sont eux 26 % a avoir rejoint Twitter.

Une analyse – surprenante – est également donnée sur le profil type de l’utilisateur de Twitter : étudiant parisien entre 18 et 24 ans votant … Front National.

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L’ensemble de cette étude réalisée par l’IFOP est disponible ici en version PDF.

Vu sur Le Post

Sinon, sur Twitter, vous pouvez aussi suivre Gossip Girl. Elle n’est pas étudiante. Elle n’est pas parisienne. Elle ne vote pas FN. Mais, elle a entre 18 et 24 ans…

Mais, ça vous permets surtout de ne rien rater des derniers potins 😉

Nouvelle campagne de prévention sur les réseaux sociaux pour les adolescents

La Prévention Suisse de la Criminalité SKP PSC vient de sortir une nouvelle campagne de prévention à destination des adolescents et des adultes pour les informer des risques liés aux réseaux sociaux : cyberaddiction, cyberdépendance, abus sexuels, gestion des paramètres de sécurité, etc.

Dans le cadre de cette prévention de nouveaux supports et fiches pratiques, autour de la thématique des dangers et de la sécurité dans l’utilisation des réseaux sociaux (Facebook, Netlog, MySpace, Twitter…), ont été conçus pour les intervenants du monde scolaire, les familles et les acteurs de prévention au sens large (intervenants sociaux). Également disponibles sur leur site Internet, on peut y trouver, entre autres :

  • un dossier « Danger dans les réseaux sociaux » (pdf, 15 pages) pour inviter parents et jeunes à se saisir de l’utilisation des réseaux sociaux et du tchat comme sujet de conversation pour établir une marche à suivre au sein du foyer ; Qu’est-ce que la cyberaddiction et la cyberdépendance et comment lutter contre ? ; La question des abus sexuels sur Internet ; Point sur la cyber-intimidation et comment agir,
  • un quiz : Quel internaute es-tu ? 14 questions pour les adolescents afin de mieux identifier leurs pratiques et leurs délivrer immédiatement des conseils utiles (1),
  • 4 clips vidéo sur comment configurer les paramètres de sécurité sur Netlog, MySpace et Tillate,
  • un widget de prévention : réalise un montage photo en seulement 3 étapes pour obtenir un portrait amusant de soi-même et en apprendre long sur les réseaux sociaux (1),
  • et un clip vidéo avec des conseils relatifs à la sécurité sur Netlog et autres sites communautaires (vidéo ci-dessus).

1. Pour tester, j’ai répondu au quizz et réaliser mon montage photo, voici les résultats :

Quizz : Congratulations! Your final score is: 470 = Web-Bob l’éponge

Rappelle-toi, cher Bob l’éponge, que sur l’Internet tout le monde n’est pas toujours gentil. C’est bien d’avoir confiance en les autres, mais il faut savoir la doser intelligemment et ne pas toujours croire ce que les autres racontent. Sur l’Internet, il ne faut pas faire confiance à n’importe qui, il faut aussi se protéger et, pour cela, tu dois aussi respecter des règles. Nous te conseillons de revoir les principales règles pour surfer plus sûrement sur l’Internet : http://www.safersurfing.ch/2/fr/

Montage photo (ils prouvent seulement que vous avez donné des informations personnelles sans en connaître les conséquences..) :

Vu sur Net public

Guidez vos cambrioleurs grâce aux réseaux sociaux

Vous partez en vacances ? Vivez branchés : GPS pour aller jusqu’au camping, rencontres sur place avec Foursquare, et tweets pour couvrir, en direct, votre débâcle au concours de pétanque. Par contre, ne venez pas couiner si, au retour, votre appartement a été cambriolé.

«Vacances à St Trop doigts de pieds en éventail jusk début sept.» C’est le genre de message que n’importe quel ballot, pas plus que vous et moi, laisse sur son Facebook ou son Twitter avant de partir en congé. Une aubaine pour les cambrioleurs, qui remplacent les planques devant le château par une veille sur les réseaux sociaux.

Mieux : «Départ mardi prochain avec toute la famille et le chien.» À ce niveau-là, on pourrait penser que c’est du racolage passif. Sauf qu’en 2009 une étude de la compagnie d’assurances britannique Legal & General montrait que ce type de comportement sur Internet n’avait rien de marginal : 38% des utilisateurs des réseaux sociaux, soit plus d’un tiers, publient des informations détaillées sur leurs projets de vacances ou annoncent qu’ils partent pour le week-end (1).

«Bien fait pour eux, ils n’avaient qu’à verrouiller leur Facebook !», persiflent les petits malins. Sauf qu’en réalité, si l’accès aux pages personnelles est réservé aux amis, cela ne change pas grand-chose : la même étude révèle qu’une large majorité d’utilisateurs s’en servent comme sites de rencontres, avec, pour 47 % d’entre eux, le physique comme unique critère. Mauricette, en collant sur son profil un cliché de Pamela, n’aura donc aucun mal à se faire accepter sur les pages privées. Résultat : 13 % des abonnés Facebook acceptent de parfaits inconnus comme «amis». Quant à Twitter, ils sont 92 % à inclure n’importe qui dans leur réseau. «Ceci constitue un risque sérieux pour les biens de ces personnes», avertit la société d’assurances.

Arsène Lupin vous demande comme ami sur Facebook

Cher lecteur, on a fait le test pour vous : en ouvrant un «faux» compte Facebook de militante UMP ordinaire, le succès n’a pas tardé… Notre personnage est en une semaine devenue «amie», non seulement avec une vingtaine d’anonymes pris au hasard, mais aussi avec des hommes politiques comme André Santini, Claude Goasguen, Gilles de Robien, Yves Jégo… Ou encore avec des superstars des réseaux, comme Éric Woerth.

Revenons à notre vacancier adepte de Facebook, qui se la ronfle avec ses 358 «amis» qu’il ne connaît même pas. Pour peu qu’en plus il soit vantard, il n’aura pas manqué, le mois précédent, de mettre sur son mur Facebook les photos de l’écran plat ou de la moto qu’il vient de s’acheter. Histoire que les cambrioleurs aient vraiment l’impression de faire leurs courses sur le catalogue des 3 Suisses en ligne.

Problème : des chercheurs de Berkeley viennent de prouver qu’il est extrêmement facile, en quelques minutes seulement, de croiser les informations sur le Net pour obtenir l’adresse postale de n’importe quel inscrit sur Twitter, même lorsque l’internaute avait pris la précaution de rester anonyme (2).

Des chiffres sur les cambriolages liés aux réseaux sociaux ? «Aucune étude n’a pour l’instant été faite sur ce sujet, ni par la PJ, ni par la sécurité publique», assure Laurent Bichoff, du service communication de la police nationale. «Donc, soit ce mode opératoire reste anodin, soit les gens ne font pas le lien entre ce qu’ils ont indiqué sur Facebook et leur cambriolage…  Soit, encore, ils font comme lorsqu’ils ont oublié de fermer leur porte : ils se gardent bien de nous le dire, pour pouvoir être remboursés par l’assurance.»

GPS au volant, cambriolage au tournant

Évidemment, pour venir jusqu’au camping, notre vacancier ne va pas se priver d’un des gadgets-phares de son iPhone, le GPS intégré. Il indique donc à la machine l’adresse de chez lui, celle des Flots bleus, puis il tape «OK». Manque de bol, il se fait tirer son téléphone sur la plage : le voleur n’a plus qu’à marquer «vers domicile», et à se laisser guider.

Enfin, une fois sur place, le vacancier va vouloir rencontrer ses contacts pris sur Foursquare, sorte de Guide du routard participatif des fanas du Web. Pour cela, il indiquera sa position exacte en temps réel. Les cambrioleurs, branchés à l’autre bout du Web, seront contents d’avoir confirmation et de pouvoir, à leur tour, exhiber devant leurs «amis Facebook», le bel écran plat qu’ils viennent de dérober.

1. « Digital Criminal Report », Legal & General, août 2009.
2. « Cybercasing the Joint : On the Privacy Implications of Geotagging », ISCU, mai 2010.

Source : Charlie Hebdo
(article recopié dans son intégralité)

Et moi qui voulais bientôt vous annoncer que je pars en vacances et que le blog ne sera plus actualisé pendant une quinzaine jours… C’est malin, hein ?! ^^

Pourquoi Facebook va transformer l’individu en pute sociale

500 millions de putes, et moi et moi et moi...


Facebook a considérablement augmenté notre nombre de liens faibles, modifiant en profondeur nos structures sociales. Pour Loïc H Rechi, la norme sera de se constituer un « super-réseau » dans un but intéressé. Une tribune très libre.

Facebook – et les réseaux sociaux par élargissement – ont largement prouvé au cours de la dernière décennie qu’ils avaient une prise sans cesse croissante sur nos existences. Au-delà des traditionnels relous ressurgis du passé qui se révèlent être parfois de putains de casse-couilles, les implications massives sur le réel peuvent être surprenantes. Les Anglais – jamais les derniers en matière d’évolutions sociales foireuses – ont ainsi pu constater un étonnant retour des cas de syphilis directement imputables à des actes de fornication post-drague facebookienne ou s’insurger contre le mec qui vendait de l’alcool à domicile à des mineurs via un truc aussi con que sa page de profil.

Mais à une échelle plus globale, Facebook s’est surtout révélé être un fantastique facteur de foutage de merde dans les mariages. C’est l’histoire d’une femme qui retrouve son premier amant de jeunesse, se prend à croire qu’elle a de nouveau seize ans et finit irrémédiablement par foutre en l’air son couple, sous prétexte d’avoir retrouvé des sensations de séduction et de baise vestiges de l’époque où ses seins ne tombaient pas encore jusqu’au nombril. Pourtant, au-delà de tout le pognon inespéré pour les avocats spécialisés en droit de la famille, les réseaux sociaux pourraient surtout préfigurer une refonte d’une partie de nos normes sociales à une vitesse telle que vous ne vous étiez même pas rendu compte qu’on est déjà en plein dedans.

Les anti et les pro

C’est une évidence Facebook divise. D’un côté, on trouve les gens heureux. Ceux-là prennent un pied infini en passant quotidiennement des heures à stalker les profils de leurs amis, à jouer à des jeux débiles, à partager des vidéos insipides et à pourrir le mur de leurs amis virtuels avec des cadeaux virtuels minables – « Gisèle t’a offert la rose de l’amour » – et des quizz effarants de connerie – « Kevin est une suceuse de bite. Et toi quelle salope es-tu ? ». Et puis de l’autre côté, on a les grincheux. Souvent eux-mêmes inscrits sur la plateforme américaine, ils s’insurgent régulièrement contre les saillies de Mark Zuckerberg, son patron, qui nous explique tous les trois mois que la privacité est un concept obsolète, et que la tendance est désormais à la transparence. De manière récurrente, des groupes dissidents, des énamourés de la vie privée, se soulèvent et tapent sur trois casseroles pour faire un peu de bruit et nous notifier qu’ils s’apprêtent à quitter Facebook.

En guise de réponse, les autres utilisateurs les observent gesticuler, considèrent la possibilité de quitter le réseau une demi-seconde puis leur adressent souvent un regard plein de compassion feinte, un de ces regard qui en disent long sur l’emprise que les réseaux sociaux ont tissé sur leurs vies. Facebook est devenu une métaphore numérique du syndrome de Stockholm. Le site matérialise une prison sans barreau, Mark Zuckerberg un geôlier et les utilisateurs des prisonniers de plein gré.

Comme le rappelait un récent article du New Scientist, cette addiction – puisqu’il s’agit bien de cela – trouve une vraie forme de justification dans la théorie de « la force des liens faibles » (The strenght of weak ties) développée en 1973 par le sociologue américain Mark Granovetter. Pour Granovetter, les liens faibles sont en fait tous ces individus qui nous permettent d’atteindre des sphère d’influence auxquelles on n’aurait pas accès par le biais de nos liens forts, à savoir famille ou amis proches par exemple. En 1973, Granovetter soulignait déjà qu’un nombre important d’individus trouvaient leur boulot grâce à des informations communiquées justement par ces liens faibles. Le sociologue américain émettait l’hypothèse qu’un tel phénomène était probablement dû au fait que si ces amis d’amis n’étaient pas exactement comme vous – pour des raisons sociales, professionnelles ou sphériques – ils étaient toutefois sans doute suffisamment proches en matières d’intérêts personnels ou d’entourage social pour avoir une influence positive sur votre existence.

Centralisation des contacts en un sanctuaire numérique

Mais revenons-en à notre époque. Intrinsèquement, les choses ont sans doute assez peu changé, et on vit globalement dans une société où chacun est suffisamment malin pour vouloir ce qu’il considère être un bon job et suffisamment crevard pour tout mettre en œuvre pour l’obtenir. Mais là où la situation a évolué, c’est que le nombre de liens faibles dont chacun dispose a considérablement augmenté, grâce aux réseaux sociaux et Facebook en particulier. L’émergence de tels outils de concentration de nos contacts nous a concrètement permis de centraliser la grande majorité de nos contacts en un sanctuaire numérique. En résumé, on s’est tous créé un putain de réseau. Dès lors, l’importance et le rôle primordial des liens faibles dans notre fonctionnement en tant qu’individu moderne sont plus forts que jamais.

De par le fonctionnement des réseaux sociaux, les barrières pour demander un conseil ou un service sont plus faibles que jamais. Autre donnée intéressante, la multiplication des statuts permet également d’accéder à une information à laquelle l’individu ne serait pas forcément parvenu dans sa sphère de référence. Pour peu qu’on ait les dents qui rayent le plancher, l’intérêt d’ajouter les potes de ses potes rencontrés à l’occasion prend tout son sens. Même chose avec les meufs qu’on baise un soir d’ivresse. Au-delà de la possibilité de tirer un coup de nouveau, son implication dans son métier de chef de pub à Paris sera peut-être la clé qui permettra un jour d’en finir avec cet emploi d’éleveur de tortues dans le Finistère. S’il existe encore une relative nécessité d’entretenir des contacts physiques, l’impact du numérique atteint donc des proportions jusque-là difficilement envisageables.

Ma génération est encore entre deux eaux, mais la suivante ?

À en croire, Judith Donath, une chercheuse du Centre Berkman pour l’Internet et la Société de l’Université d’Harvard, l’explosion du nombre de liens faibles dans notre entourage pourrait entraîner de profondes conséquences sur nos structures sociales. Selon elle, la taille des groupes sociaux traditionnels était logiquement limitée par le manque de temps pour créer et entretenir une communauté fiable et de confiance. Jusque-là rien de nouveau, c’est peu ou prou ce que le sociologue britannique Robin Dunbar avait évalué au début des années 1990 lorsqu’il avait émis la règle du nombre de Dunbar, selon laquelle il est quasiment impossible pour un individu de maintenir des relations sociales stables avec un nombre d’individus supérieurs à environ 150. Pourtant, pour Judith Donath, les réseaux sociaux ont précisément changé ce dernier point et nous permettent de nous construire un supernet (super-réseau) aux contacts très facilement accessibles et surtout plus gros qu’on aurait jamais pu l’imaginer. Plus rien d’étonnant dès lors à voir des clampins avec 500 ou 1000 potes sur Facebook. Plus aucune barrière, non plus pour rentrer en contact avec un membre du réseau via un message à l’arrache.

Indéniablement, que les râleurs le veulent ou non, les normes sociales évoluent et petit à petit, les différents groupes sociaux fusionnent. Famille, amis, collègues de travail, potes de potes ou conquête d’un soir prennent subrepticement une place équivalente dans notre espace numérique vital. Si l’un clame son amour pour le porn allemand amateur sur sa page Facebook, sans mettre de barrière de privacité particulière, l’autre finira sans doute au détour d’une série de clics par le savoir. Si ma génération est encore entre deux eaux, parfois suffisamment méfiante pour protéger encore un tant soit peu sa vie privée, il n’est pas absolument pas dit qu’il en soit de même pour la suivante, d’autant plus si cette tête d’ampoule de Zuckerberg dit vrai.

Mais surtout, la volonté de se constituer un « super-réseau » qu’il sera bien utile de presser à l’heure de trouver un appart, un job ou une nouvelle bouche pour se faire sucer devraient en toute logique devenir la norme. Dès lors, les individus avec le plus de « potes » dans leur réseau devraient logiquement devenir les individus les plus attractifs, non plus pour des raisons liées à l’exemplarité de leur travail ou la sympathie qu’ils inspirent mais bien en raison de l’intérêt potentiel d’avoir à son tour de tels lascars dans son propre réseau. On basculera alors peut-être dans une société plus pathétique que jamais dans laquelle la notion d’amitié sera rationalisée. L’information circulera mieux que jamais et l’humanité baignera sans doute plus dans un bouillon de culture mais aussi de vanité permanent. Le fix d’héroïne n’aura pas disparu mais le réseau social, lui, sera sans doute devenu une drogue nécessaire à notre bien-être.

Source : OWNI
(article recopié dans son intégralité)

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