Ne ratez rien des derniers potins


Vous partez en vacances ? Vivez branchés : GPS pour aller jusqu’au camping, rencontres sur place avec Foursquare, et tweets pour couvrir, en direct, votre débâcle au concours de pétanque. Par contre, ne venez pas couiner si, au retour, votre appartement a été cambriolé.

«Vacances à St Trop doigts de pieds en éventail jusk début sept.» C’est le genre de message que n’importe quel ballot, pas plus que vous et moi, laisse sur son Facebook ou son Twitter avant de partir en congé. Une aubaine pour les cambrioleurs, qui remplacent les planques devant le château par une veille sur les réseaux sociaux.

Mieux : «Départ mardi prochain avec toute la famille et le chien.» À ce niveau-là, on pourrait penser que c’est du racolage passif. Sauf qu’en 2009 une étude de la compagnie d’assurances britannique Legal & General montrait que ce type de comportement sur Internet n’avait rien de marginal : 38% des utilisateurs des réseaux sociaux, soit plus d’un tiers, publient des informations détaillées sur leurs projets de vacances ou annoncent qu’ils partent pour le week-end (1).

«Bien fait pour eux, ils n’avaient qu’à verrouiller leur Facebook !», persiflent les petits malins. Sauf qu’en réalité, si l’accès aux pages personnelles est réservé aux amis, cela ne change pas grand-chose : la même étude révèle qu’une large majorité d’utilisateurs s’en servent comme sites de rencontres, avec, pour 47 % d’entre eux, le physique comme unique critère. Mauricette, en collant sur son profil un cliché de Pamela, n’aura donc aucun mal à se faire accepter sur les pages privées. Résultat : 13 % des abonnés Facebook acceptent de parfaits inconnus comme «amis». Quant à Twitter, ils sont 92 % à inclure n’importe qui dans leur réseau. «Ceci constitue un risque sérieux pour les biens de ces personnes», avertit la société d’assurances.

Arsène Lupin vous demande comme ami sur Facebook

Cher lecteur, on a fait le test pour vous : en ouvrant un «faux» compte Facebook de militante UMP ordinaire, le succès n’a pas tardé… Notre personnage est en une semaine devenue «amie», non seulement avec une vingtaine d’anonymes pris au hasard, mais aussi avec des hommes politiques comme André Santini, Claude Goasguen, Gilles de Robien, Yves Jégo… Ou encore avec des superstars des réseaux, comme Éric Woerth.

Revenons à notre vacancier adepte de Facebook, qui se la ronfle avec ses 358 «amis» qu’il ne connaît même pas. Pour peu qu’en plus il soit vantard, il n’aura pas manqué, le mois précédent, de mettre sur son mur Facebook les photos de l’écran plat ou de la moto qu’il vient de s’acheter. Histoire que les cambrioleurs aient vraiment l’impression de faire leurs courses sur le catalogue des 3 Suisses en ligne.

Problème : des chercheurs de Berkeley viennent de prouver qu’il est extrêmement facile, en quelques minutes seulement, de croiser les informations sur le Net pour obtenir l’adresse postale de n’importe quel inscrit sur Twitter, même lorsque l’internaute avait pris la précaution de rester anonyme (2).

Des chiffres sur les cambriolages liés aux réseaux sociaux ? «Aucune étude n’a pour l’instant été faite sur ce sujet, ni par la PJ, ni par la sécurité publique», assure Laurent Bichoff, du service communication de la police nationale. «Donc, soit ce mode opératoire reste anodin, soit les gens ne font pas le lien entre ce qu’ils ont indiqué sur Facebook et leur cambriolage…  Soit, encore, ils font comme lorsqu’ils ont oublié de fermer leur porte : ils se gardent bien de nous le dire, pour pouvoir être remboursés par l’assurance.»

GPS au volant, cambriolage au tournant

Évidemment, pour venir jusqu’au camping, notre vacancier ne va pas se priver d’un des gadgets-phares de son iPhone, le GPS intégré. Il indique donc à la machine l’adresse de chez lui, celle des Flots bleus, puis il tape «OK». Manque de bol, il se fait tirer son téléphone sur la plage : le voleur n’a plus qu’à marquer «vers domicile», et à se laisser guider.

Enfin, une fois sur place, le vacancier va vouloir rencontrer ses contacts pris sur Foursquare, sorte de Guide du routard participatif des fanas du Web. Pour cela, il indiquera sa position exacte en temps réel. Les cambrioleurs, branchés à l’autre bout du Web, seront contents d’avoir confirmation et de pouvoir, à leur tour, exhiber devant leurs «amis Facebook», le bel écran plat qu’ils viennent de dérober.

1. « Digital Criminal Report », Legal & General, août 2009.
2. « Cybercasing the Joint : On the Privacy Implications of Geotagging », ISCU, mai 2010.

Source : Charlie Hebdo
(article recopié dans son intégralité)

Et moi qui voulais bientôt vous annoncer que je pars en vacances et que le blog ne sera plus actualisé pendant une quinzaine jours… C’est malin, hein ?! ^^

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :