Ne ratez rien des derniers potins


Il n’y a pas que les associations familiales catholiques pour grommeler, grincer des crocs, et s’affliger dans le secret de leurs antres : Satan lui-même est fort marri de constater qu’une fois encore, le Festival des musiques extrêmes, qui a rugi à Clisson du 18 au 20 juin, s’est déroulé sans aucun scandale avéré.

Ni viols, ni tortures, ni massacres de villageois ; pas même un seul paysan de pendu. Nul incident important n’a été relevé, que ce soit sur le site des apparitions, où plusieurs autels de haut maléfice avaient pourtant été dressés pour accueillir les démons, ou au camping, ce village de monstres où l’on aurait pu s’attendre au moins à quelques orgies, à des bacchanales imbibées, à des bains de sang ou de pisse. Que nenni ! On vit, entre les tentes, des gens se prêter des sardines.

Tout le monde, évidemment, fut d’accord pour dire des méchancetés sur certaines personnalités qui avaient prédit le pire. Mais la décadence des mœurs, ô pauvres associations catholiques et familiales, c’est à la télé qu’on l’observe, c’est au Mondial qu’elle fleurit, c’est dans les ministères qu’elle se répand ; on en trouve même un peu dans les églises, c’est dire ! Tandis qu’on l’aura cherchée en vain à Clisson. C’est tragique.

Les metalheads ne craignent ni l’eau ni le thé

Cette année, la scène a été particulièrement éclectique, avec des groupes de tous les genres : d’Alice Cooper en goule intuable jusqu’à Immortal, en passant par Tankard, Finntroll ou encore Arch Enemy, les prestations ont été souvent époustouflantes, parfois spectaculaires (les pyromanes grimaçants de Kiss ont pu brûler tous les hydrocarbures qu’ils voulaient).

Les concerts n’ont jamais été tout à fait ratés, même si quelques groupes de la Rock Hard Tent ont été trahis par une sono mal équilibrée, qui, en poussant les basses au détriment du chant et des guitares, a déçu et laissé les spectateurs sur leur faim.

Au niveau de l’infrastructure, les points positifs ont été la présence de douches (les metalheads ne craignent pas l’eau), un accueil efficace des arrivants, plusieurs postes de secours, un stand sur la prévention des risques, et de nombreux points de vente de boissons variées, alcoolisées ou non… (les metalheads ne craignent pas le thé). Bien entendu, la création d’une bière et d’un muscadet dédiés au Hellfest a été saluée comme il se doit ; ces cuvées, comme vous l’imaginez, ont été abondamment savourées.

On notera cependant qu’une centaine de sanitaires sont diablement insuffisants pour un tel rassemblement : les queues devant les édicules furent de hauts moments de souffrance partagée, et d’héroïsme obstiné. Bravo !

Cependant, comme l’être humain trouve toujours moyen de contourner lois et difficultés, un participant eut cette idée lumineuse :

« Pour échapper,

Les tripes encombrées,

Aux queues démesurées

Devant les gogues surchargées,

Yaka pas manger. »

Entendez-vous, ô familles catholiques ? Certains ont même jeûné !

De la musique, de la bonne humeur : le Hellfest est inoffensif

Que dire d’autre ? La météo fut très favorable : depuis sa prison en forêt de Paimpont, Merlin envoya un peu de pluie, le premier jour, afin d’humidifier le sol juste ce qu’il fallait pour que les pogos ne soulevassent pas trop de poussière ; ensuite parut le soleil, qui fut peu avare de ses rayons.

Les visiteurs s’accordent à dire que cette édition fut une réussite majeure ; les comptes Twitter et Facebook du festival regorgent de messages dithyrambiques, de hululements enthousiastes, et je constate, encore une fois, mais sans un gramme d’étonnement, que s’il y a bien, en France, un événement musical trépidant où l’on peut se pointer sans aucun danger d’y perdre ni sa santé, ni sa vie ni son âme, c’est au Hellfest et nulle part ailleurs.

Chaque année on y croise des familles. Aussi, l’an prochain, le plus jeune de mes enfants, guitariste frénétique tout comme son frère qui nous fournit ici les images et ces quelques informations, ira lui aussi étudier, in situ et in vivo, les postures et les agissements, les éructations et les noires humeurs du très noble et très vertueux seigneur Metal.

Photos : le groupe Finntroll sur la scène principale (A la Bergerie) ; la chanteuse de Kalisia réclame un volontaire pour le sacrifice (A la Bergerie)

Source : Rue 89

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